1600-1700 : Jig et Gioube

Dans les années 1500, les marins européens eurent l’occasion d’observer les esclaves africains qui étaient obligés de divertir l’équipage en dansant sur les ponts des bateaux, accompagnés de violons et de cornemuses, lors de leur traversée de l’Atlantique .

A leur tour, sur les plantations, les esclaves noirs observaient leurs maîtres blancs qui dansaient des quadrilles et des cotillons. En s’appropriant les figures et les combinaisons, ils y intégrèrent leurs rythmes africains.

Ils apportèrent avec eux leurs danses rituelles importantes dans leur culture. Le « juba », dérivé du mot « gioube », est une danse en cercle qui se caractérise d’un mouvement rythmé des pieds, un frappement de mains ensemble et sur différentes parties du corps, comme si ce dernier était un tam-tam.

Une loi passée en 1740 dans les Carolines allait directement affecter la danse à claquettes. Après la rébellion de 1739 d’esclaves noirs à Stono, le gouvernement, convaincu que l’écho des tambours à travers les comtés était un signal d’appel à la révolte, passa une loi interdisant l’usage des tam-tams. Les esclaves développèrent donc une autre façon de faire de la musique : entre autre en frappant ensemble des os d’animaux (bones jangles), mais surtout avec un jeu de pieds percussif.

Clog et hornpipe :

Vers les années 1840, dansée avec des chaussures à semelles de bois, la « Clog » est arrivée en Amérique de la région du Lancashire en Angleterre. Durant les années de la révolution industrielle, les ouvriers, d’usines en usines, participaient à des compétitions entre eux avec différents jeux de pieds rythmiques. Le gagnant recevait une pièce de monnaie qu’il fixait sous ses chaussures.

Dans les années 1850, l’Irlande subit l’épidémie de la « maladie de la pomme de terre ». Plusieurs familles émigrèrent en Amérique en apportant entre autres avec eux leur tradition celtique de danses « jig », « hornpipe » et « reel « .

Vers 1860, dans les « ghettos » des villes, se voisinaient les esclaves noirs libérés et les immigrants Irlandais. Pour se divertir, ils échangeaient et inventaient des pas de danse issus de leur héritage respectif. Le son unique des talons et des plantes de pieds contre le sol définirent ce style de danse particulier qu’est la danse à claquettes!

Danielle Hotte