La musique a toujours fait partie de ma vie.  Disons que je suis tombé dedans quand j’étais petit. À la maison, on entendait régulièrement les airs préférés de mes parents. En plus du tourne-disque du salon, on avait aussi un vieux gramophone à ressort sur lequel on pouvait faire jouer les 78 tours de mère.

À mon adolescence, dès que je recevais de l’argent de poche, je passais chez le disquaire. Il me faisait écouter les dernières nouveautés, puis j’achetais ma préférée. C‘était l’époque des 45 tours à 99¢.

Lorsque j’ai commencé à enseigner la danse au début des années 80, la musique a pris un autre sens : choisir la bonne toune en fonction des différents exercices et des chorégraphies.

Pour les cours, on utilisait des microsillons, ces disques de vinyle qui faisaient 33 tours à la minute et sur lesquels on déposait un bras muni d’une aiguille.  Mais attention ! S’il y avait trop de vibration, le bras du tourne disque sautait et avec lui, quelques temps de musique disparaissaient. C’est ainsi qu’on a décidé de suspendre les tables tournantes par des chaînes au plafond. On pouvait maintenant faire des sauts sans perturber la musique. Malgré tout, à cause de l’usure, il arrivait que l’aiguille se coince dans un sillon et que le disque répète le même… répète le même… répète le même bout de chanson. Il était alors temps d’acheter une copie toute neuve du microsillon en question ou de changer de musique.

Étant donné cette passion pour la musique, vous ne serez pas surpris d’apprendre que je participe à la réalisation de montages sonores pour les spectacles de l’école de danse depuis longtemps. Au début, on réenregistrait sur un magnétophone à bobines la pièce choisie à partir du microsillon. On suivait ensuite les instructions écrites du chorégraphe. On coupait, on retirait des parties de bandes magnétiques, puis on en recollait d’autres.

Pour ce faire, on utilisait un «splicer», petit outil qui retenait la bande et qui nous permettait de la couper enbiseau. Parfois, si on avait coupé un 8 temps de trop à la chorégraphie, il fallait essayer de retrouver le bon morceau parmi des dizaines de bandes qui jonchaient le sol. On écoutait alors chacun des petits bouts pour récupérer la trame recherchée que l’on recollait au bon endroit à l’aide d’un ruban adhésif spécialement conçu pour ce travail. 

Par la suite, pour un court moment, les cassettes sont venues remplacer les microsillons dans les cours, puis ce fut le tour des disques compacts. Wow ! Des disques que l’on peut graver. Toutes les musiques dont on a besoin pour un cours sur le même CD!

On est ensuite passé par toute une gamme de iPods :  tout d’abord, le iPod Shuffle, efficace, mais il fallait avoir la liste chronologique des tounes sur un bout de papier, puis ce fut le iPod nano et le iPod classique. Le iPod Touch et le téléphone intelligent à écran tactile sont venus révolutionner notre façon de diffuser la musique durant les cours. Que de progrès depuis que j’ai monté les marches du 1460 pour la première fois en 1979 !

Aujourd’hui, je suis toujours aussi passionné de musique qu’auparavant. C’est d’ailleurs grâce à cette passion que j’ai découvert le Bollywood. Je réalise encore des montages pour mes cours et certains numéros du Festival. Une souris, quelques clics, et voilà…

Un montage plus précis que jamais conçu directement sur mon ordinateur. J’adore ce travail car j’ai l’impression de participer à la création d’une nouvelle œuvre musicale.

Richard Moisan